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Armes conventionnelles : Instaurer un climat de confiance en Méditerranée et au Sahel (MAP, 16/4/9) |
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Thursday, 16 April 2009 |
Armes conventionnelles
Instaurer un climat de confiance en Méditerranée et au SahelMAP (Maroc), 16/4/9 Par Abdallah Darkaoui
Le Maroc appelle à une coopération «franche et efficiente» en matière de lutte contre la prolifération et le trafic illicite des armes conventionnelles afin d'instaurer un climat de confiance entre les pays de la Méditerranée et du Sahel, étant donné que «la sécurité du flanc sud de l'Europe passe par la sécurité du Maghreb qui dépend elle même de la stabilité dans son continuum sahélien, voire ouest africain».
Dans une intervention, mardi à Rabat, sur «les menaces des armes conventionnelles en Afrique et en Méditerranée», le Colonel Ahmed Ben El Ahmar des Forces Armées Royales (FAR) a estimé que l'approche du Maroc à l'égard de la coopération sécuritaire régionale «répond parfaitement aux préoccupations suscitées par l'émergence de nouvelles menaces, dont la circulation illicite des armes et le terrorisme».
La contribution des FAR pour juguler les crises humanitaires
Ben El Ahmar, qui s'exprimait lors d'un séminaire sur les armes conventionnelles et la sécurité régionale, a estimé que les préoccupations générées par l'usage illicite et incontrôlé des armements pourraient constituer un facteur de recrudescence de la violence à l'échelle africaine, d'où la nécessité de conjuguer les efforts afin de garantir «à chaque Etat sa propre souveraineté, son unité nationale et son intégrité territoriale».
«Ces vecteurs d'instabilité sécuritaire nécessitent, de par leur acuité, une convergence de vues et une coopération étroite», a-t-il dit.
Passant en revue la contribution des FAR à «la maîtrise des crises humanitaires», le responsable militaire a cité le déploiement de contingents de maintien de la paix dans le cadre d'opérations onusiennes, la construction d'hôpitaux de campagne dans les zones de conflit et la transmission du savoir-faire du Royaume en matière de déminage et d'armement pyrotechnique au profit des partenaires africains.
L'adhésion du Maroc aux conventions et engagements internationaux en matière de lutte contre la prolifération et le trafic illicite des armes conventionnelles, témoigne de son «ouverture sur son voisinage immédiat, intermédiaire et lointain», et de son attachement aux valeurs universelles relatives à la préservation des populations civiles et non combattantes, a-t-il souligné.
«Epris de paix et de stabilité et soucieux de la sécurité en Afrique du nord, le Royaume a adopté une série de mesures de lutte contre toute forme de violence due aux armes», a précisé Ben El Ahmar.
Il s'agit essentiellement de la mise en place de mécanismes d'identification, de traçage et de marquage des différents armements, de la destruction régulière des «stocks morts» et des munitions dangereuses et de la réalisation d'infrastructures modernes dédiées à la destruction de ces armements.
Le responsable militaire a, par ailleurs, exprimé la sincère volonté du Royaume à œuvrer en parfaite symbiose avec ses partenaires pour circonscrire le terrorisme à travers l'organisation d'exercices militaires avec plusieurs pays amis, citant à titre d'exemple les manoeuvres militaires conjointes menées dans le cadre des opérations «Majestic Eagle», «African Lion» et «Active Endeavour».
Pour ce faire, Ben El Ahmar a proposé la cession, aux pays de la région, d'équipements modernes pour lutter contre le terrorisme, principalement dans les régions désertiques, l'organisation de stages et de formations spécialisés dans la protection de sites de stockage et l'octroi de moyens de neutralisation efficaces.
De son côté, Azzedine Farhane, directeur des Organisations internationales au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, a qualifié de «préoccupation commune» la sécurité régionale, estimant que les disparités socio-économiques entre les deux rives de la Méditerranée et l'expansion de l'extrémisme religieux dans la région sahélo-saharienne sont les principales menaces à la sécurité de ces régions.
Evoquant les engagements sécuritaires du Maroc, M. Farhane a rappelé l'adhésion du Royaume à tous les instruments multilatéraux relatifs à la lutte contre la prolifération et le trafic illicite des armes, à savoir la Convention sur certaines armes classiques (CCW), la Convention sur les armes chimiques (CWC) et la convention sur les armes biologiques (BWC).
Il adhère également aux Traités sur la non-prolifération des armes nucléaires (NPT) et sur l'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT), a ajouté le responsable marocain.
+Développer une approche multidimensionnelle intégrée+ Il a, dans ce sens, appelé au développement d'une «approche multidimensionnelle intégrée dans la lutte contre la prolifération des armes et à l'adoption de nouveaux mécanismes de coopération, dont l'assistance financière et technique.
Dans une déclaration à la presse en marge de l'ouverture de ce séminaire, Nasser Bourita, directeur général des Relations multilatérales et de la Coopération globale au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, a estimé que la tenue de cette rencontre à Rabat constitue «une marque de reconnaissance à l'égard de la politique légaliste, transparente et responsable du Maroc depuis son indépendance».
Elle est également «un témoignage de l'action du Maroc sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI en matière de coopération sécuritaire régionale au niveau de la Méditerranée et de la région sahélo-saharienne», a-t-il affirmé, soulignant que la politique du Maroc dans ce domaine, lui a conféré une «position distinguée au niveau international».
Les armes conventionnelles sont les armes qui ne sont ni biologiques, ni chimiques, ni nucléaires, ni radioactives. Cette expression est utilisée en opposition aux appellations armes de destruction massive ou encore armes non conventionnelles.
Organisé par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération et le département d'Etat américain, ce séminaire de deux jours a pour objectif d'examiner la propagation illicite et incontrôlée des armes conventionnelles en Afrique du Nord depuis les zones de conflits et d'analyser la corrélation entre ces armes et les organisations terroristes ou les groupes armés illégaux.
Cette rencontre vise également à élaborer des plans d'action entre les pays participants pour empêcher l'accès des organisations terroristes et des groupes armés illégaux aux armes conventionnelles, et à sensibiliser les pays de la région sur la gravité de ces armes, dites classiques, qui font plus de 300.000 morts par an, en majorité en Afrique.
Les participants à cette rencontre, venant du Maroc, des Etats-Unis, du Burkina Faso, d'Espagne, de France, de Libye, du Mali, du Royaume-Uni, du Sénégal, du Tchad et de Tunisie, traiteront de plusieurs thèmes axés notamment sur «l'expérience régionale en matière du contrôle des exportations des armes» et les «questions de prolifération dans la région méditerranéenne».
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